Archives Mensuelles: juin 2015

Un jour il y aura du temps pour nos philosophies

tout est
dans l’écart qui nous mène
le sursaut aux nocturnes
les vins somnambules

tout est
aux aurores arraché
aux mois pendu
aux jours rongé

tout est
entre nos mains battantes
lié à nos poings perdus
poussé à la falaise

tout est
décompté de nos mots
gravé à la gencive
aux dos blancs poignardé

tout est
dansant au fil
le cou tendu aux astres
à lire entre nos veines –

Ariane

La beauté des rêves

Te souviens-tu ma Reine du soir où nous avons trinqué
à la beauté des rêves?
C’était un soir où il neigeait et la neige sur nous ne semblait pas tomber
sans fondre.
Une force, en nous, naissait
Un feu, une fièvre, une onde.

Te souviens-tu ma Reine du soir où nous nous sommes aimés?
Sans un mot, sans un baiser
pourtant sans peine.
Et la neige semblait ne tomber que pour toi
Et tes yeux comme deux flammes qui brillaient devant moi.

Te souviens-tu ma Reine du soir où nous nous sommes quittés?
Confiants, ravis, vides et légers
comme toutes ces pétales sibériennes
qui s’envolaient dans l’air ce soir là.
Mais la neige déjà annonçait tout, ma Reine.
Mes yeux ne voyaient pas
Oui, la neige déjà annonçait tout, ma Reine.
mes yeux ne voyaient pas les brûlures prochaines

Le Dilettante

La bergère et le ramoneur

Lorsque le roi sommeille
que ces diptyques s’éveillent
toiles et statues, guerrier grec
s’animent et le mettent en échec

et mat
colosse d’acier, automate
décors d’Italie et dédales
les amants fuient et détalent

Une bergère et un petit ramoneur
de rien du tout, de rien du tout
au royaume de Taquicardie
se sont enfuis dans la nuit

Tandis qu’un Goliath de fer
est à leurs trousses
dans la ville basse se terrent
sentent les secousses

Metropolis mis à bas
penseur masqué, casque d’Odin
sur les gravats il s’assoie
Je songe à celui de Rodin

Hugo Portier