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Un jour il y aura du temps pour nos philosophies

tout est
dans l’écart qui nous mène
le sursaut aux nocturnes
les vins somnambules

tout est
aux aurores arraché
aux mois pendu
aux jours rongé

tout est
entre nos mains battantes
lié à nos poings perdus
poussé à la falaise

tout est
décompté de nos mots
gravé à la gencive
aux dos blancs poignardé

tout est
dansant au fil
le cou tendu aux astres
à lire entre nos veines –

Ariane

Crépusculaire

illutouda-page-001

à petit feu
aux nuits de sel
j’ai découpé
la toile
du silence

des heures tombées
cadavres mous
roulés
contre mon corps
couché

tous mes rêves
acides
violents
caillots de sang
dans ma mémoire

enfin
que s’éclairent
ces crépuscules
hivers figés
dans la rétine

Touda (illustration) & Ariane (texte)

Z –

zones astrales zones
dans lesquelles l’homme ne pose
ni le pied ni
l’esprit

zones mortes zones
d’absence dans l’espace
qui nous sépare
de nous

toi, du peuple qui n’a plus de mots
toi, voix creuse, bouche noire dans les métros
tes dents sont des passeurs de mystères
tes yeux clignotent aux heures saignées

zones trouées zones
sans chemins tracés
tout reste
à dessiner

zones au seuil de rien
au devant de tout
zones

zones

tu n’atteindras

qu’elles.

Ariane

Muette

plus de sourires sous la peau je ne sens que

marécages fissures incohérences sinistres

j’ai peur qu’on vienne me chercher

j’ai peur qu’on ne me trouve pas

et la voix monte le cri sonore l’appel à l’aide

comme une gifle au fond du coeur depuis trop longtemps retenue

CELA

CELA NE SORT PAS

CELA NE VEUT PAS SORTIR

la voix perdue la voix à l’horizontale des lèvres

la voix enfant des rues la voix cadavre au fond des bois

la voix qui trahit qui perce qui salope tout par son absence

la voix vengeresse couteau à ta propre gorge

CELA

COMME UN PREMIER HURLEMENT

CELA CELA CELA DOIT SORTIR

mais trop tard changement d’océan tout est jeté à l’abysse

tu n’as pas su te sauver ta bouche n’a pas pu t’accrocher au monde

dans les poumons quelques algues flottent

cela

cela aurait dû sortir

Ariane

Je ne vais plus mieux

recouvertes
toutes les blessures ne sont plus
qu’un flou dans ta mémoire

il manque
des lettres aux mots
des verbes aux phrases

des os aux hommes

l’ouragan
à tes poumons embrasés
d’autres lieux de lutte

remontant les heures blanches
le passé dans ta gorge
parle à travers toi

et ta voix a le bruit des cendres

Ariane