Archives de Catégorie: Le Dilettante

La beauté des rêves

Te souviens-tu ma Reine du soir où nous avons trinqué
à la beauté des rêves?
C’était un soir où il neigeait et la neige sur nous ne semblait pas tomber
sans fondre.
Une force, en nous, naissait
Un feu, une fièvre, une onde.

Te souviens-tu ma Reine du soir où nous nous sommes aimés?
Sans un mot, sans un baiser
pourtant sans peine.
Et la neige semblait ne tomber que pour toi
Et tes yeux comme deux flammes qui brillaient devant moi.

Te souviens-tu ma Reine du soir où nous nous sommes quittés?
Confiants, ravis, vides et légers
comme toutes ces pétales sibériennes
qui s’envolaient dans l’air ce soir là.
Mais la neige déjà annonçait tout, ma Reine.
Mes yeux ne voyaient pas
Oui, la neige déjà annonçait tout, ma Reine.
mes yeux ne voyaient pas les brûlures prochaines

Le Dilettante

Magnolia

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Les femmes se fanent les fleurs jamais

La Ville: Rose de lampadaire éclose

S’exhale en lumière parfumée.

Dans le dernier métro et puis dans les allées

Des taxis silencieux aux ombres des pavés

J’ai aimé

Les femmes se fanent les fleurs jamais.

 

Mille fois j’ai cru voir des regards

à travers les vitres des supermarchés

Mille fois j’ai croisé d’incroyables reflets

des flammes prêtent à fondre!

Les femmes se fanent les fleurs jamais.

 

Du jardin nocturne au Magnolia

Les boulevards de pluie nacrés

Des bars, des trottoirs aux cinémas

J’ai aimé

Les femmes se fanent les fleurs jamais.

Le Dilettante (texte) & Tangerine (illustration)

Le Blues du piano bar

Oh, qu’est-ce qu’il a l’air triste le pianiste du piano bar

Oh, mais comme il est tard quand il rentre chez lui

 

Personne sur la piste, ne danse, au piano bar

Personne ne l’applaudit lorsqu’il joue chaque soir

 

Car il joue pour ceux qui ne veulent pas écouter

Car il joue pour celles qui ne l’ont pas aimé

 

Et quand il relève la tête de son piano noir

Il jette un regard dégoûté sur l’audience

 

Et quand, de sa cigarette, il exhale les dernières fumées

Il sait combien sont éphémères les femmes et les romances

 

Car il joue pour ceux qui ne veulent pas écouter

Car il joue pour celles qui ne l’ont pas aimé

 

Oh, mais qu’est-ce qu’il à l’air triste le pianiste du piano bar

Oh, comme ils se font rares les sourires de l’artiste

 

Personne sur la piste, ne danse, au piano bar

Personne ne l’applaudit lorsqu’il joue chaque soir

 

Alors, quand il est tard, il joue les notes bleues

Les étranges notes bleues du soir

 

Les airs d’une autre époque, d’un autre lieu

Il joue ces notes bleues sur son piano noir

 

Alors, pour instant, il semble moins triste un peu

se rappelant les jours heureux

 

Les gens viennent, les gens partent du piano bar

Lui reste là à pianoter comme tous les soirs

 

Un soir il jouera son dernier air

Et il n’y aura plus rien à faire

Pour le trop triste pianiste

 

Un soir il jouera son dernier air

Ce sera un soir d’hiver

Et personne ne sera là pour dire: Salut l’artiste !

 

Le Dilettante

J’écume

Une bouteille amère

à la mer

Une bouteille au moins

à la main

Le fût des mystères

fut un sous-marin



Combien de temps j’attends encore

et dresse le pavillon des remords?


Sûrement cet océan

d’essence et de métal

remède fatal

au vague à l’âme

vagabonde

aux vagues lames

aux traîtres ondes

que j’ai dû boire

au goulot des idées noires


A l’abordage

des mirages

de sodium

j’écoule le stock

de rhum

j’écoute le rock

en nage

sur mon drakkar

j’image

des histoires

je mâche

l’abreuvoir des miracles


Combien de temps j’attends encore

et dresse le pavillon des remords?


C’est un cocktail placide

aux acides du soir

que j’ai dû boire

au goulot des idées noires


Car j’écume, j’écume

j’ai qu’une envie

cracher cette amertume

goûter à l’Eau de Vie


car j’écume, j’écume

j’ai cru voir

les îles du désir

dans l’azur désespoir


Je suis liquide

Navire avide

Limpide

Je suis l’hydre

des traversées intimes


Car j’ai bu bleu les bocaux

J’ai rêvé blanc

J’ai rêvé blanc !

Plombé

Plan B plombé

De trop draguer dans les canaux

je m’y suis baigné

Et dans le lit dévorant

d’un Fleuve dégueulant

tous mes rêves ont coulé


Mais j’ai laissé couler

De rivières en cascades

et de cale en écho

le Tout y est passé


Mais j’ai trop bavé trop

d’avoir bravé si tôt

le fluide embouteillage

de la foule marée

dansant sur le rivage

en un Bal Bullier


J’ai jeté l’encre en l’air

et rien n’est retombé


Combien de temps j’attends encore

et dresse le pavillon des remords?


J’ai su nager trop tard

dans cet âcre nectar

dans tout ce que j’ai dû boire

au goulot des idées noires


Le Dilettante