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Crépusculaire

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à petit feu
aux nuits de sel
j’ai découpé
la toile
du silence

des heures tombées
cadavres mous
roulés
contre mon corps
couché

tous mes rêves
acides
violents
caillots de sang
dans ma mémoire

enfin
que s’éclairent
ces crépuscules
hivers figés
dans la rétine

Touda (illustration) & Ariane (texte)

En vérité je suis nu

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En vérité je suis nu Je suis complètement nu Je n’ai pas vraiment de vêtement autre que ma peau et rien d’autre pour écrire que mes doigts et rien d’autre que mon corps pour écrire avec mes doigts

La vérité c’est que je me suis endormi et dans un rêve brumeux j’ai vu avec mon corps avec mes mains aux doigts tendus J’ai vu en vérité un géant stoppé net dans sa course de géant Des structures inédites faites d’acier et de néons au phosphore aveuglants En vérité je me suis brûlé le bout des doigts en essayant de les écrire

Il y avait dans le brouillard des ombres qui déboulaient près de moi j’aurais pu les toucher en tendant la main j’aurais pu les écrire Ils fusaient comme des balles perdues sans me voir j’étais nu je suffoquais Respirer le brouillard c’est pas possible et il fait froid et le sol tombe la terre s’effondre et je suis nu C’est la vérité c’est ce que j’ai vu

Le sol s’est effondré et je suis tombé sur une chaise le plastique colle à ma peau nue du bas des fesses aux omoplates Mes doigts sont là et s’agitent et je veux retracer mon rêve il m’échappe je perd je perd La vérité coule entre mes doigts et je ne peux plus la toucher et déjà je ne suis plus nu ma peau ne colle plus au plastique plus de tâches sombres sur mes rétines Oublié en vérité les néons comment ils ont brillés Je sais que je m’en suis brûlé les doigts j’ai encore un peu mal

Il y avait un géant figé et des ombres autour de moi Je dois retourner là-bas sinon je deviens fou et c’est la vérité

Touda (illustration) & Walden (texte)