Le Blues du piano bar

Oh, qu’est-ce qu’il a l’air triste le pianiste du piano bar

Oh, mais comme il est tard quand il rentre chez lui

 

Personne sur la piste, ne danse, au piano bar

Personne ne l’applaudit lorsqu’il joue chaque soir

 

Car il joue pour ceux qui ne veulent pas écouter

Car il joue pour celles qui ne l’ont pas aimé

 

Et quand il relève la tête de son piano noir

Il jette un regard dégoûté sur l’audience

 

Et quand, de sa cigarette, il exhale les dernières fumées

Il sait combien sont éphémères les femmes et les romances

 

Car il joue pour ceux qui ne veulent pas écouter

Car il joue pour celles qui ne l’ont pas aimé

 

Oh, mais qu’est-ce qu’il à l’air triste le pianiste du piano bar

Oh, comme ils se font rares les sourires de l’artiste

 

Personne sur la piste, ne danse, au piano bar

Personne ne l’applaudit lorsqu’il joue chaque soir

 

Alors, quand il est tard, il joue les notes bleues

Les étranges notes bleues du soir

 

Les airs d’une autre époque, d’un autre lieu

Il joue ces notes bleues sur son piano noir

 

Alors, pour instant, il semble moins triste un peu

se rappelant les jours heureux

 

Les gens viennent, les gens partent du piano bar

Lui reste là à pianoter comme tous les soirs

 

Un soir il jouera son dernier air

Et il n’y aura plus rien à faire

Pour le trop triste pianiste

 

Un soir il jouera son dernier air

Ce sera un soir d’hiver

Et personne ne sera là pour dire: Salut l’artiste !

 

Le Dilettante

Crépusculaire

illutouda-page-001

à petit feu
aux nuits de sel
j’ai découpé
la toile
du silence

des heures tombées
cadavres mous
roulés
contre mon corps
couché

tous mes rêves
acides
violents
caillots de sang
dans ma mémoire

enfin
que s’éclairent
ces crépuscules
hivers figés
dans la rétine

Touda (illustration) & Ariane (texte)

J’écume

Une bouteille amère

à la mer

Une bouteille au moins

à la main

Le fût des mystères

fut un sous-marin



Combien de temps j’attends encore

et dresse le pavillon des remords?


Sûrement cet océan

d’essence et de métal

remède fatal

au vague à l’âme

vagabonde

aux vagues lames

aux traîtres ondes

que j’ai dû boire

au goulot des idées noires


A l’abordage

des mirages

de sodium

j’écoule le stock

de rhum

j’écoute le rock

en nage

sur mon drakkar

j’image

des histoires

je mâche

l’abreuvoir des miracles


Combien de temps j’attends encore

et dresse le pavillon des remords?


C’est un cocktail placide

aux acides du soir

que j’ai dû boire

au goulot des idées noires


Car j’écume, j’écume

j’ai qu’une envie

cracher cette amertume

goûter à l’Eau de Vie


car j’écume, j’écume

j’ai cru voir

les îles du désir

dans l’azur désespoir


Je suis liquide

Navire avide

Limpide

Je suis l’hydre

des traversées intimes


Car j’ai bu bleu les bocaux

J’ai rêvé blanc

J’ai rêvé blanc !

Plombé

Plan B plombé

De trop draguer dans les canaux

je m’y suis baigné

Et dans le lit dévorant

d’un Fleuve dégueulant

tous mes rêves ont coulé


Mais j’ai laissé couler

De rivières en cascades

et de cale en écho

le Tout y est passé


Mais j’ai trop bavé trop

d’avoir bravé si tôt

le fluide embouteillage

de la foule marée

dansant sur le rivage

en un Bal Bullier


J’ai jeté l’encre en l’air

et rien n’est retombé


Combien de temps j’attends encore

et dresse le pavillon des remords?


J’ai su nager trop tard

dans cet âcre nectar

dans tout ce que j’ai dû boire

au goulot des idées noires


Le Dilettante

Éthique du sujet

Elle instaura la prohibition
des corps des cœurs
de toute attraction ;
ardent symptôme qui,
des angoisses naissantes,
imposait à l’homme
sa cruelle descente
Il vomissait au vide ses névroses stériles
la trachée engourdie, l’œil humide,
volatile esprit
Hanté de questions,
paranoïaque rongé à l’os
il ressassait sans cesse
ses stériles obsessions
Lame impure infectant les entrailles
Oui, abandonne cet imaginaire
et crève enfin
de tes fantasmes

KV

Z –

zones astrales zones
dans lesquelles l’homme ne pose
ni le pied ni
l’esprit

zones mortes zones
d’absence dans l’espace
qui nous sépare
de nous

toi, du peuple qui n’a plus de mots
toi, voix creuse, bouche noire dans les métros
tes dents sont des passeurs de mystères
tes yeux clignotent aux heures saignées

zones trouées zones
sans chemins tracés
tout reste
à dessiner

zones au seuil de rien
au devant de tout
zones

zones

tu n’atteindras

qu’elles.

Ariane

Quand tout a été dit

RaskZapQu’est ce qu’il nous reste quand tout a été dit ?
Le silence s’installe on revoit notre vie
Les drames et nos amours défiler sans relâche
Dans notre tête épuisée Pellicule pleine de taches

Après la dernière pluie et la fin de l’espoir
Il ne reste rien à faire et plus grand-chose à voir
Nous dormons sans rêver Nous sommes déjà morts
Après avoir vidé la rivière de son or

Levons bien haut nos verres C’est le temps des adieux
Que coule notre sang Nos prières et nos larmes :
En trichant nous avons gagné trop vite le jeu
Abandonnons nos vies Rendons enfin nos armes

RaskZap (illustration) & Walden (texte)

Sodome

Souviens-toi Sodome

De ton peuple halluciné

Dont le sang déchaîné

Aurait terrorisé le Colisée de Rome

 

Rappelle toi Sodome

Combien de meurtres et combien de plaies

Dans le cœur des hommes

De ta cité sommeillaient.

 

On t’appelait Sodome la débauchée

Le tombeau des voyageurs

Livrés aux vices des égorgeurs

Jouissant du sexe et de l’épée.

 

Un jour, pourtant, vint l’Éternel

Qui dans un bruit assourdissant

Foudroya la masse des mortels

Comme des insectes insignifiants.

 

La meute des fils de Caïn et du Serpent

Juchée sur ce monceau de charogne

Pleurait ensemble sans vergogne

Les yeux aux ciels, affolés comme des enfants.

 

Mais Le Père emporté par sa fureur

Déchaîna sur ces dénués de morale

Comme pour réparer son erreur

Les flammes les plus infernales.

 

Ainsi moururent les hérétiques

D’avoir insulté Dieu par leurs excès

Figures de proues , anges sataniques

Ave Sainte Sodome, Patronne de l’immoralité.

 

Yoann Franchetti

Vers l’infini, et au-delà !

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L’écorce

Nest

Si sous l’écorce de tes beautés

si souvent sourdes,

Pleut la nuit, souffle le vent,

Sors de l’ombre.

Et tout le temps que cela prend

te dérobe au jour

Décroche l’aspérité,

La pénombre.

Si sous l’écorce souvent sourdes

se froissent tes mains,

C’est que tu meurs à petit feu

Tu es l’ombre.

Si sous l’écorce de tes beautés,

si souvent sourdes

Crève le jour, approche-toi

Des décombres.

La Sérendipe